Derrière la haie.
18 Juin 2026
Il fait chaud, très chaud.
Me promenant, derrière une haie, j'entends un troupeau qui fait la sieste. Les brebis se sont mises à l'ombre, cherchant le frais. Je ne les vois pas. J'entends juste leurs respirations, leurs grognements. L'une d'entre elles parfois tousse, une autre s'agite. Un petit vent passe à travers le feuillage. Des nuées d'insectes bourdonnent, formant comme un tapis sonore. Tous ces bruits infimes, ordinaires, participent à la beauté de ce presque silence. Un jour de si grande chaleur, la pire torture serait de supprimer les brebis, les mouches, le vent...
Les volets sont entrebâillés.
Un rai de lumière enflamme un petit espace sur le parquet. Plus loin, dans une autre pièce, le tic-tac d'une pendule compte le temps comme on compterait méthodiquement des grains de riz: un à un, ne pas en oublier un seul, ne pas le compter deux fois. Une mouche, insolente ou naïve, vient troubler ce silence. A elle seule, elle parvient à remplir toute la pièce, à captiver mon attention, à briser la sérénité de l'instant. Je me lève et, plutôt que de la chasser violemment, j'ouvre simplement la fenêtre, et la voilà qui sort. Pendant ce temps, combien de grains de riz sont passés dans la mécanique de la pendule? Je ne le saurai jamais.
Je me rassois et me prends à imaginer ce que fait cette mouche maintenant. Est-elle allée, enfin libérée, rejoindre ses congénères derrière la haie, au dessus du troupeau de brebis?...
Me promenant, derrière une haie, j'entends un troupeau qui fait la sieste. Les brebis se sont mises à l'ombre, cherchant le frais. Je ne les vois pas. J'entends juste leurs respirations, leurs grognements. L'une d'entre elles parfois tousse, une autre s'agite. Un petit vent passe à travers le feuillage. Des nuées d'insectes bourdonnent, formant comme un tapis sonore. Tous ces bruits infimes, ordinaires, participent à la beauté de ce presque silence. Un jour de si grande chaleur, la pire torture serait de supprimer les brebis, les mouches, le vent...
Les volets sont entrebâillés.
Un rai de lumière enflamme un petit espace sur le parquet. Plus loin, dans une autre pièce, le tic-tac d'une pendule compte le temps comme on compterait méthodiquement des grains de riz: un à un, ne pas en oublier un seul, ne pas le compter deux fois. Une mouche, insolente ou naïve, vient troubler ce silence. A elle seule, elle parvient à remplir toute la pièce, à captiver mon attention, à briser la sérénité de l'instant. Je me lève et, plutôt que de la chasser violemment, j'ouvre simplement la fenêtre, et la voilà qui sort. Pendant ce temps, combien de grains de riz sont passés dans la mécanique de la pendule? Je ne le saurai jamais.
Je me rassois et me prends à imaginer ce que fait cette mouche maintenant. Est-elle allée, enfin libérée, rejoindre ses congénères derrière la haie, au dessus du troupeau de brebis?...
Les ombres bleues du soir.
03 Mai 2026
Les ombres bleues du soir étendent leur manteau
Sur des tapis de fleurs, de mousse et de rosée
Pendant que tout là-haut sous son grand chapiteau
Le cirque des étoiles anime la soirée.
Sur des tapis de fleurs, de mousse et de rosée
Pendant que tout là-haut sous son grand chapiteau
Le cirque des étoiles anime la soirée.
Le banc de pierre.
19 Avr. 2026
Au fond de ma cour, il y a un banc. Oh, un pauvre banc, ou un banc de pauvre; comme on voudra. Voyez: une large dalle de granit solidement posée sur un assemblage de quelques autres pierres, plus petites, inégales, mais qui compensent la légère déclivité du terrain. Malgré l'aspect disparate de l'ensemble, le résultat est tout à fait convenable: stabilité, horizontalité. Bref, les anciens savaient faire.
C'est mon poste d'observation préféré. Sous un sorbier en guise de parasol dont le frêle feuillage frémit au moindre souffle, la lumière est filtrée, tamisée. Elle vibre, elle tressaille, elle frissonne: elle vit.
Je viens souvent m'y asseoir pour lire ou écrire après avoir installé une tablette en bois qui me sert de pupitre ou de lutrin selon l'envie du moment. Mais plus souvent encore pour ne rien faire, juste écouter, car derrière moi, un muret de pierres sèches et c'est un immense pré où paissent des brebis. Dans la haie qui en fait le tour, un foule d'oiseaux s'appellent et se répondent. A la belle saison, les nichées sont nombreuses, les va-et-vient des adultes, incessants. Tous ces cris, ces chants, ces gazouillis se mêlent au bourdonnement des insectes, aux stridulations des grillons et composent une véritable symphonie.
C'est mon poste d'observation préféré. Sous un sorbier en guise de parasol dont le frêle feuillage frémit au moindre souffle, la lumière est filtrée, tamisée. Elle vibre, elle tressaille, elle frissonne: elle vit.
Je viens souvent m'y asseoir pour lire ou écrire après avoir installé une tablette en bois qui me sert de pupitre ou de lutrin selon l'envie du moment. Mais plus souvent encore pour ne rien faire, juste écouter, car derrière moi, un muret de pierres sèches et c'est un immense pré où paissent des brebis. Dans la haie qui en fait le tour, un foule d'oiseaux s'appellent et se répondent. A la belle saison, les nichées sont nombreuses, les va-et-vient des adultes, incessants. Tous ces cris, ces chants, ces gazouillis se mêlent au bourdonnement des insectes, aux stridulations des grillons et composent une véritable symphonie.
Le vent est mon ami
13 Avr. 2026
Le vent est mon ami: il disperse les pensées.
L'esprit libre, je rejoins les nuages et je vogue sur la mer calme.
L'esprit libre, je rejoins les nuages et je vogue sur la mer calme.
Nuit d'été
11 Mars 2026
Etendu dans l'herbe, sur le dos, mains sous la tête, je flaire, j'écoute, comme une bête. C'est l'été. La nuit, pure, sans lune, a la clarté des ses étoiles. Des grillons chantent et répondent aux étoiles qui scintillent.. Ils ne stridulent pas, ils vibrent, comme elles, avec elles.
Emporté par l'odeur du foin fraîchement fauché, je me noie dans ce silence habité, qui sent l'amande amère et l'éternité.
Emporté par l'odeur du foin fraîchement fauché, je me noie dans ce silence habité, qui sent l'amande amère et l'éternité.
Printemps des poêtes 2026: "La liberté. Force vive, déployée."
10 Déc. 2025
On déploie un filet
pour capturer des poissons.
On déploie la liberté
pour...
à vous de remplir la case vide:
vous êtes libres.
pour capturer des poissons.
On déploie la liberté
pour...
à vous de remplir la case vide:
vous êtes libres.
les mots.
08 Déc. 2025
Les mots.
Troupeaux dociles, hordes sauvages, isolés, parfois même cachés et reclus, enfouis. A l'écart, on voit ça chez les bêtes, quand elles sont malades, ou trop vieilles.
Il ne suffit pas de les appeler pour que les mots viennent. Il faut être patient, très patient parfois, les apprivoiser.
Certains arrivent pourtant d'eux-mêmes tandis que d'autres, rebèles, doivent être accueillis avec grande douceur.
Il y a un temps de maturation, d'incubation, avant de les voir éclore à la surface de la pensée.
Il faut alors les saisir comme on reçoit des amis, à bras ouverts, et si certains font mal, ils ne sont pas là pour rien, ils ne font pas mal pour rien.
C'est peut-être ceux-là qui ouvrent les portes.
Troupeaux dociles, hordes sauvages, isolés, parfois même cachés et reclus, enfouis. A l'écart, on voit ça chez les bêtes, quand elles sont malades, ou trop vieilles.
Il ne suffit pas de les appeler pour que les mots viennent. Il faut être patient, très patient parfois, les apprivoiser.
Certains arrivent pourtant d'eux-mêmes tandis que d'autres, rebèles, doivent être accueillis avec grande douceur.
Il y a un temps de maturation, d'incubation, avant de les voir éclore à la surface de la pensée.
Il faut alors les saisir comme on reçoit des amis, à bras ouverts, et si certains font mal, ils ne sont pas là pour rien, ils ne font pas mal pour rien.
C'est peut-être ceux-là qui ouvrent les portes.