Plagiat de Prévert: comment peindre l'océan. Version imprimable

Pour peindre l'océan.
Trois tubes de peinture à l'huile suffiront.
Un vert, un bleu et un blanc.
Placez votre toile sur le chevalet
et votre chevalet sur la plage à marée basse.
Étalez vite une large bande bleue en haut
puis une blanche et enfin une verte
et sans attendre
posez votre tableau
au sol.
Regagnez le haut de la plage
votre chevalet sous le bras
et attendez la marée haute.
Si l'océan ne vous rend pas votre tableau
il faudra recommencer à la prochaine marée.
Sinon
c'est que ce tableau lui plaît.
Sans le regarder
baissez-vous
prenez-le
emballez-le
et rentrez chez vous.
Cassez une vitre de votre fenêtre
placez le chevalet devant
posez le tableau
ôtez délicatement l'emballage.
Regardez-le intensément
n'ôtez pas les grains de sable
ni les petits bouts de varech
apprenez-le par cœur.
Puis fermez les yeux
mettez les mains en cloche sur vos oreilles.
Si de l'eau salée coule de vos yeux
c'est que le tableau est réussi.
Prenez une de vos larmes
mettez votre nom dans un coin du tableau.
Retournez à la plage
jetez votre tableau dans l'eau.
Si l'océan le garde
pleurez une seconde fois
et retournez devant votre fenêtre.
Maintenant enfin
vous pouvez être fier de vous et sourire sourire.

Ateliers d'écriture. Version imprimable

Depuis quelque temps, j'anime un atelier d'écriture mensuel à Saulieu. 
Très enrichissant de voir comment proposer une simple liste de mots en vrac, une phrase ordinaire, une citation, peut être le point de départ de réflexions ou de textes si différents.
Les participants s'y adonnent avec un plaisir évident. Merci à eux.
Bref, tout le monde est content.

Bal de campagne. Version imprimable

Salle des fêtes, un samedi soir.
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Noël en silence de toi. Version imprimable

Salon
demi-jour
silence de toi.

Tic-tac de l'horloge
le temps, le souffle et la bougie:
l'âme veille.

Et ton sourire embrasse la maison.
Toi
  qui dors là-bas, au cimetière.
Ma fille.

La statue dans le parc. Version imprimable

Parc vide ou parc plein.
Par tous les temps, par tous les jours.
La statue de marbre blanc sourit aux enfants et aux moineaux.
Les oiseaux chient dessus.
Et ça fait rire les enfants.

C'est l'hiver, par ici. Version imprimable

La campagne, ici, c’est des prés, des haies, quelques champs, des vallons, des fourrés, des bosquets, des bois et des forêts, des rochers lorsque la pente est trop raide ou que la terre est trop maigre, des ruisseaux d’eau vive, des étangs et des lacs, mais aussi des perspectives, des lignes de fuite, des ciels immenses, des villages clairsemés et leurs cortèges de hameaux éparpillés au gré des replis et des replats.
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Grands froids. Version imprimable

J’attends. La météo ne cesse de le répéter depuis plusieurs jours: le froid arrive.
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L'âme entière. Version imprimable

J'ai trop marché sur les pavés
Pieds nus sur des morceaux de verre
Regard hagard, les yeux rivés
Vers un futur imaginaire.

Je ne veux plus autant rêver
Je veux marcher les pieds sur terre
Je veux en finir de crever
Noyé dans mes larmes amères.

Je veux marcher dans la lumière
Ne plus regarder en arrière,
Aller d'un pas, l'allure fière
Vers mon trépas, mais l'âme entière.