Le Maître et le travail. Version imprimable

Qui est le Maître?L'archer, l'arc, la cible?
Mais encore le souffle, la corde, le dessein?
L'espace entre les deux, le temps de l'instant, de l'instinct?
Il n'y a pas de maître: le Tout est le Maître.
Et le travail, un moyen, comme la flèche...

Et si... Version imprimable

Et si j'ouvrais ma main
et si un oiseau s'envolait
et si en votre oreille
un oiseau se posait?

Et si je fendais la pierre
et si une fleur s'ouvrait
et si en votre chambre
une rose embaumait?

Et si j'ouvrais un livre
et si je lisais ces mots
et si par pur hasard
votre coeur s'enflammait?

Jazz un jour de pluie. Version imprimable

Je me suis réfugié au hasard dans ce petit café.
Dehors, il pleut. Une petite pluie fine qui, si l'on n'y prend garde, s'insinue dans le col de la veste sans rien dire, à la sauvette.
Le patron a mis en fond sonore une play-list de jazz tranquille. Sourdine parfaite. A l'autre extrémité de la salle, deux ou trois clients discutent calmement. Parfois on entend s'entrechoquer une tasse qu'on repose sur sa soucoupe et le petit bruit cristallin de la cuiller. Sur la vitre un peu sale et embuée, on dirait du verre dépoli, des gouttes paresseuses glissent en zigzaguant et disparaissent.
Sur le trottoir, des silhouettes avec parapluie ouvert passent comme ombres chinoises sur fond de ciel gris. Les lumières des voitures forment de petits halos tremblottants et s'évanouissent à l'angle de la rue et l'on entend faiblement l'eau qui gicle sous les pneus.
Ici, ça sent cette odeur chaude de café et de bière mélangés qui m'a donné envie d'entrer.
De temps à autres je griffonne quelques notes sur le calepin qui ne me quitte jamais. Les mots surgissent au hasard eux aussi, sans crier gare, au détour de mes pensées vagabondes, comme dans un air de jazz.
J'ai vraiment bien fait de me laisser happer par ce bar paisible qui ne paye pas de mine, mais si confortable.

Quand pensez-vous? Version imprimable

Comme l'amour, la musique et la poésie sont des moyens de transport.
Sourire, c'est comme ouvrir une fenêtre.
Écrire un poème, c'est chanter, le souffle en plus.
Nos vies sont un brouhaha; les étoiles, un poème.
Parler aux pierres, c'est tutoyer l'éternité.
Il suffit d'un rien pour entrevoir le tout.

Alerte, oui et non! Version imprimable

Ce n'est pas ma main qui écrit ces lignes.
C'est celle d'un autre car je suis trop vieille.
Trop vieille, fatiguée et cassée.
Ma vie a basculé le jour où je suis tombée.
On m'a relevée, réparée un peu et c'est à moi maintenant de me relever dans ma vie.
Je ne suis pas sûre d'en avoir la force car le poids des années m'empêche de voir loin,
toute courbée que je suis devenue et mes mains ne savent plus courir sur la feuille.
Alors, je le dis à tous: tenez vous prêts!
 

Le rien. Version imprimable

Pour écrire, j'ai besoin du rien.
Le pire est la cohorte des pensées, l'indisciplinée foule des mots, chevaux à hue et à dia.
Je ne sais maitriser ces fougueux attelages.
Lorsque la place est vide, le vent s'engouffre, la feuille tournoie.
Alors la poésie...

Ephémère. Version imprimable

Ecoute la voix de la lune.
Son écho résonne dans la feuillée et disparaît.
Et tu te dis: ai-je entendu quelque chose?
Ou ai-je simplement imaginé, l'espace d'un instant, être l'une de ces feuilles tremblantes au souffle de la nuit?

Des étoiles. Version imprimable

Tant d'étoiles dans le ciel!
Si belles, si lointaines,
si froides à nos yeux, qu'elles semblent frissonner dans la nuit pure.
Si mystérieuses que nous, petits humains, leur inventons des légendes.
Et pourtant si proches, celles de tes yeux...
quand tu me dis je t'aime...