Le balayeur. Version imprimable

Je suis le balayeur des rues, des cours, des parcs et jardins. Celui qu'on ne voit pas, surtout si l'on ne veut pas me voir. Mégots et vieux papiers, traces de votre passage, de vos vies, cannettes et vieux débris.
Je suis le balayeur du ciel et de la terre. J'ai parfois fort à faire, mais je tiens trop au ciel bleu l'été et à la neige l'hiver, aux bêtes sauvages, aux forêts profondes et aux eaux vivantes.
Mais plus encore, après un clin d’œil, un petit bonjour aux habitués que je croise chaque jour, je balaye les idées noires, les fausses joies et les vraies larmes. Je balaye les cœurs, je balaye les âmes. Ensuite, vous pouvez aller, sourire aux lèvres, vers votre avenir en chantant.

Mendiant. Version imprimable

Je nourris mon chien avec du foie gras.
Je nourris mes chats avec du caviar.
Moi-même, je ne mange que des chocolats les plus fins et bois les vins les plus rares.
Je me lave dans des baignoires pleines de champagne.
Je me chauffe en brûlant des billets de banque.
Je collectionne les tableaux de maître.
Bref, quand arrive la fin du mois, je suis sur la paille et je vois les mendiants rôder autour de ma maison. On dirait qu'ils attendent qu'il pleuve des sous! Mais quoi, je viens de vous le dire: je ne jette jamais mon argent par les fenêtres!...

Jour de soleil. Version imprimable

Le soleil s'est levé de bon matin: pas un instant à perdre. Il est monté dans le ciel, dans son royaume. Alors les oiseaux se sont mis à chanter. Il y avait de la lumière partout et les gens étaient heureux.
Le soir, il est descendu de son trône puis est allé se coucher. Les gens ont veillé encore un peu, mais les oiseaux se sont tus. Pour ne pas le réveiller sans doute, car sinon, il aurait fallu se remettre à chanter. Ils laissent le rossignol se débrouiller tout seul, et il le fait très bien. Mais lui, c'est pour la lune...

Jour de vent. Version imprimable

Depuis ce matin, le vent souffle. Il s'est même levé avant tout le monde, cette nuit. Dans la cour, le portail a claqué, le forsythia se débat comme un beau diable et le peuplier, en face, fait sa prière. Les oiseaux, apeurés, ne sortent pas. Sauf de temps en temps un corbeau qui lutte un moment, puis renonce.
Où sont les moineaux, les mésanges? Emportés comme feuilles mortes?
Le jour décline enfin. Et ça siffle encore de toutes parts. Et les nuages passent encore en courant en rasant la colline et disparaissent en lourdes volutes grises. On n'imagine pas combien les poumons de la terre peuvent contenir d'air!
 Et heureusement, tout a une fin. Lassé sans doute de tant d'efforts, le vent renonce lui aussi, comme le corbeau tout à l'heure. On dit que le vent se lève mais pas qu'il se couche. Après avoir tant couru, on dit simplement qu'il tombe. Mais comme le soir, sans bruit.

Jour de pluie. Version imprimable

Je vois se former peu à peu, sous le portail qui ferme la cour, deux petits sillons d'eau. Immuable passage des roues de ma voiture.
Un petit moineau vient s'y baigner, puis un autre. C'est la grande attraction: le seul spectacle vivant. Tout autour, la nature prend patience: c'est dans sa nature. Chaque chose vient après l'autre, à l'image des gouttes de pluie. Le forsythia qui borde l'entrée n'aime pas ça et frissonne à chaque goutte qui le mouille.
Le soir, ce ne sont plus deux petits sillons d'eau, mais une large flaque. Une tourterelle vient s'y baigner. Puis une autre.
Et demain, un cormoran? Un albatros?

Jour de neige. Version imprimable

On dirait que le monde attend.
Le vent est tombé, en premier, avant la neige. Lui aussi sait tomber sans faire de bruit. Ou plus juste: se retirer.
Devant ma maison, un peuplier monte, droit, à l'assaut du ciel. Pourtant d'ordinaire si mobile, aujourd'hui, pas un mouvement ne l'agite. À peine un frisson lorsqu'un oiseau s'y pose ou s'envole.
Et maintenant, c'est la neige... Et c'est beau comme un sourire d'enfant qui dort. Fascination du silence. Au début, c'est beau, oui. Mais plus tard, c'est inquiétant: quand cela va-t-il donc s'arrêter? C'est venu sans un bruit, cela devra-t-il finir dans un fracas ou dans un soupir?
Eternellement insatisfait, l'homme ne sait pas jouir de l'instant...

Ateliers d'écriture. Version imprimable

L'idée m'est venue subreptissement pour finalement s'imposer: et si j'animais des ateliers d'écriture?
Après beaucoup d'hésitations et mûre réflexion, je me suis lancé dans cette aventure et, pour l'instant au moins, ça se passe plutôt bien.
Jeux sur les mots, glissements de sens, homophonies approximatives, courriers, mots obligés, phrases de début et de fin imposées, ré-écrire en différents styles: tout est prétexte à créativité et bonne humeur. Être sérieux au moment de l'écriture, et ne pas se prendre au sérieux au moment du partage est, je crois, la recette qui fonctionne le mieux dans ces ateliers.
Je ne propose pas aux participants de devenir des écrivains, mais plus humblement d'éprouver de la joie en écrivant.
 

Vide grenier, vide mémoire. Version imprimable

Ce que j'aime, dans les vide-greniers, c'est l'imprévu. Toujours à fouiner, parfois sans but précis, autre que m'émerveiller devant toutes ces vieilles choses exposées sans pudeur: souvenirs à vendre...
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