Le miroir (fin). Version imprimable

Le miroir ne m'avait rien annoncé, je n'avais entendu aucun bruit. Une voix douce me chuchota dans l'oreille: "ne te retourne pas. Ne cherche pas à comprendre ce qui se passe en ce moment. Il te suffit d'avoir confiance en moi. Saches simplement que je suis celle qui habite ici depuis tant d'années que les gens du village, même les plus anciens, ne se souviennent pas de moi. Et pourtant, je suis jeune, je suis belle. Pour te dire ça, le miroir m'est inutile car je me connais suffisamment et je n'ai pas besoin de me regarder pour me reconnaître. Tu vois, il n'y a plus de feu dans la cheminée depuis des lustres, les fenêtres sont brisées, mais le sol est bon, pas de trace d'humidité, les murs sont solides, et le toit, malgré la vigne vierge, est sain..."
→ plus

Le miroir (deuxième partie). Version imprimable

C'était le seul objet dans cette vaste pièce, mais quel objet! C'était en fait un face-à-main en argent ciselé sur les bords duquel étaient incrustées deux belles pierres. Les éclats de lumière qu'elles lançaient par instants étaient d'un vert étincelant qui me firent penser à des émeraudes finement taillées. Comment était-ce possible que tout le reste du mobilier ait été soit déménagé, ou rangé dans une autre partie de la maison, soit pillé, que sais-je? Constellé de fines poussières, il semblait figé dans une éternité éteinte. Témoin immobile, qu'avait-il vu durant tout ce temps où il est resté accroché à ce corbeau de cheminée, ignoré du monde, oeil vide et inutile? Muet, absent, il avait bien sûr vu passer saisons, hirondelles, mouches, araignées, petites souris en quête de nourriture ou d'abri. Mais aussi d'autres promeneurs inattentifs ou randonneurs, sous la menace d'un futur orage, hâtés de retrouver le camping qui se trouvait à l'autre bout de la forêt.
→ plus

Le miroir, première partie. Version imprimable

Un jour que je me promenais en forêt, au détour du chemin, je vis une vieille maison abandonnée au milieu d'une clairière. Intrigué, je m'en approchai. 
→ plus

Le testament du poète. Version imprimable

Un jour, je poserai ma veste. J'ôterai mes souliers trop lourds. Ce sera un jour très ordinaire.
Je m'assiérai dans mon fauteuil et je fermerai les yeux. Vous verrez, vous, que c'est un jour très ordinaire. Il faudra simplement vous habituer à ne plus me voir.
Alors, la rivière, les oiseaux, les printemps, les beaux ciels, je vous les donnerai. Et puis vous prendrez mes pinceaux, mes tambours et vous jouerez avec les sons et les couleurs. Je vous laisserai aussi ma plume et mon cahier: ma dernière page sera votre première. Je ne serai plus parmi vous de la même manière, c'est tout.
Sachez regarder la terre et la foule des petites bêtes qui grouillent dans ses entrailles, écouter le coucou aussi bien que le vent dans les arbres. N'ayez pas peur de la pluie d'orage, mais, par dessus tout, osez cueillir le sourire des gens...

J'aime cet instant... Version imprimable

Il pleut sur la forêt. Petite pluie, douce caresse d'eau sur les feuilles: il ne faut pas les abîmer, tout juste écloses de leur bourgeon, frêles membranes au vert si tendre. J'aime cet instant où naît le printemps.
→ plus

Nuit d'été. Version imprimable

La fraîcheur du talus où je m’étais couché.
L’odeur âcre de l’herbe en cette nuit d’été.
L’imperceptible vent qui soufflait dans les branches.
La lune, imperturbable, dans sa robe blanche.
La subtile clarté qui ruisselait du ciel.
Silence dans la ruche où se font cire et miel…

Le vent Version imprimable

Il faut être oiseau pour comprendre le vent.

Ce n’est pas parce que le vent souffle que l’inspiration vient.

Le vent est plus solide que la pierre.

Le vent transporte toutes sortes de choses, et même des mots d’amour.

Le vent est là pour faire chanter les pierres.

Le vent d’été soulève la poussière; le vent de la colère soulève les peuples.

Si d’aventure le vent venait à manquer…

Les saules. Version imprimable

- Pas plus que l'hirondelle ne connaît l'hiver, le saule ne sait ce que pleurer veut dire
→ plus