Le compteur de vagues. Version imprimable

Un homme s'est assis au bord de la plage
sans un mot
l'océan parle pour lui.
Il compte les vagues
qu'on ne voit pas.
Il attend celle qui viendra
à lui,
qui le délivrera...
de son vague-à-l'âme...

La chapelle Saint-Vio Version imprimable

Petit vaisseau de pierre
Amarré à la terre
Dans une mer d'ajoncs
Où paissent des moutons.

Elle entend vos prières,
Vos âmes solitaires
Parmi le grondement
Au loin de l'océan.

L'Argentalet. Version imprimable

J'habite au bord d'un petit chemin communal qui mène à une forêt. Un peu plus loin, après un coude, il plonge dans l'épaisseur des arbres. C'est le royaume du renard, du blaireau, du chevreuil et du sanglier. On soupçonne même parfois l'approche furtive d'un lynx.
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Lettre du néant. Version imprimable

 
Bonjour à vous tous,
aujourd’hui, je reviens. Je n’ai fait qu’un petit détour et me voici à nouveau parmi vous.
J’étais partie de l’autre côté, le temps de me reposer, de recharger mes batteries, de faire le point (ce sont vos mots, n’est-ce pas?).
En fait, je n’étais pas bien loin de vous mais, maintenant que j’ai mon nouveau statut, je peux sans crainte revenir vous côtoyer. Certes, ce ne sera plus jamais comme avant et, de ce point de vue, c’est vrai que la mort sépare. Pourtant, c’est bien plus subtil que ça. Ma nouvelle présence parmi vous ne ressemble pas à celle d’avant.
Avant, vous pouviez me voir, me toucher. Nous pouvions manger ensemble, avoir des projets communs, faire des trucs, comme on disait, alors que maintenant, c’est la pensée, l’image, le souvenir qui ont pris la relève. Charnellement, vous ne me manquez pas depuis que j’ai déposé mon corps. Je l’ai rendu à la terre et vous avez fait, je le sais, ce qu’il fallait après. Il fallait que je le rende: je l’avais trop abîmé. Par inadvertance j’ai dépassé ce qu’il était capable de supporter, et sans avoir le temps de m’en rendre compte, je l’ai cassé.
Mais c’est fini maintenant. Cette phase matérielle terminée, j’entame avec joie l’autre face de la vie. Je vous rends visite même quand vous ne me voyez pas. Je perçois vos pensées, je suis sensible à ce que vous ressentez. Là réside ma joie: savoir que vous êtes encore avec moi car je vous aime toujours. Et je suis triste lorsque vous êtes tristes à cause de moi, de mon absence, comme vous dites. Mais voilà qu'au contraire, je ne suis pas absente: je suis dorénavant éternellement présente à vos côtés.
Alors voici mon message, le seul qui compte ou qui devrait compter pour vous désormais: soyez joyeux, heureux, même sans moi. Mon rôle auprès de vous est de vous accompagner vers cette joie permanente.
Je vous aine, infiniment.
Votre fille, grande et petite sœur, amie, compagne, inconnue…

La perte. Version imprimable

Toi qui souffrais de voir
autant de gens souffrir,
maintenant c'est à moi
de souffrir de ta perte.

Tu es partie trop vite,
tu es partie trop loin:
je te cherche partout,
mais je te cherche en vain.

Depuis ce jour maudit
où tu as pris la route
qui mène où tu reposes,
reste le souvenir.

Ton rire est toujours là,
au creux de mon oreille;
tes beaux yeux verts et purs
illuminent ma nuit.

L'amant délaissé. Version imprimable

L'amer de tes yeux
bleus de mer
lavés
coule sur ta joue
couleur sable
mouillée.

Fugace trace
par le vent asséchée
poussière de sel
étincelle éteinte
soudain souvenir
des étreintes absentes
de ton amant
par toi délaissé.

Un jour, j'ai voulu écrire. Version imprimable

Un jour, j'ai voulu écrire. Je suis allé à la petite librairie papeterie juste en bas de chez moi. J'ai longuement fouillé dans les étagères pour trouver le plus beau papier. C'est très important, le choix du papier: lisse, mais pas trop; blanc, mais pas trop; satiné plutôt que mat ou brillant. Puis j'ai cherché le stylo idéal. C'est très important le stylo: d'un diamètre ni trop fin ni trop gros, il faut l'avoir bien en main, un peu lourd mais avec une plume plutôt souple. C'est très important, les pleins et les déliés: c'est le poids, la terre, les racines, puis l'envol, la lumière, la liberté...
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La route. Version imprimable

Avant, j'aimais conduire. La nuit surtout, sur les routes désertes. La sensation que j'avais était celle de l'infini. La lumière jaune des phares qui se perd au loin me donnait l'impression de traverser un néant sans cesse renouvelé: la nuit, il n'y a pas d'horizon. Et puis il y avait cette joie intense du point du jour: tout ces paysages traversés sans les avoir vus, ces villages endormis, ces bêtes sauvages furtivement aperçues, ces papillons nocturnes, disparus comme rêve.
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