Derrière la haie.
Il fait chaud, très chaud.
Me promenant, derrière une haie, j'entends un troupeau qui fait la sieste. Les brebis se sont mises à l'ombre, cherchant le frais. Je ne les vois pas. J'entends juste leurs respirations, leurs grognements. L'une d'entre elles parfois tousse, une autre s'agite. Un petit vent passe à travers le feuillage. Des nuées d'insectes bourdonnent, formant comme un tapis sonore. Tous ces bruits infimes, ordinaires, participent à la beauté de ce presque silence. Un jour de si grande chaleur, la pire torture serait de supprimer les brebis, les mouches, le vent...
Les volets sont entrebâillés.
Un rai de lumière enflamme un petit espace sur le parquet. Plus loin, dans une autre pièce, le tic-tac d'une pendule compte le temps comme on compterait méthodiquement des grains de riz: un à un, ne pas en oublier un seul, ne pas le compter deux fois. Une mouche, insolente ou naïve, vient troubler ce silence. A elle seule, elle parvient à remplir toute la pièce, à captiver mon attention, à briser la sérénité de l'instant. Je me lève et, plutôt que de la chasser violemment, j'ouvre simplement la fenêtre, et la voilà qui sort. Pendant ce temps, combien de grains de riz sont passés dans la mécanique de la pendule? Je ne le saurai jamais.
Je me rassois et me prends à imaginer ce que fait cette mouche maintenant. Est-elle allée, enfin libérée, rejoindre ses congénères derrière la haie, au dessus du troupeau de brebis?...
Me promenant, derrière une haie, j'entends un troupeau qui fait la sieste. Les brebis se sont mises à l'ombre, cherchant le frais. Je ne les vois pas. J'entends juste leurs respirations, leurs grognements. L'une d'entre elles parfois tousse, une autre s'agite. Un petit vent passe à travers le feuillage. Des nuées d'insectes bourdonnent, formant comme un tapis sonore. Tous ces bruits infimes, ordinaires, participent à la beauté de ce presque silence. Un jour de si grande chaleur, la pire torture serait de supprimer les brebis, les mouches, le vent...
Les volets sont entrebâillés.
Un rai de lumière enflamme un petit espace sur le parquet. Plus loin, dans une autre pièce, le tic-tac d'une pendule compte le temps comme on compterait méthodiquement des grains de riz: un à un, ne pas en oublier un seul, ne pas le compter deux fois. Une mouche, insolente ou naïve, vient troubler ce silence. A elle seule, elle parvient à remplir toute la pièce, à captiver mon attention, à briser la sérénité de l'instant. Je me lève et, plutôt que de la chasser violemment, j'ouvre simplement la fenêtre, et la voilà qui sort. Pendant ce temps, combien de grains de riz sont passés dans la mécanique de la pendule? Je ne le saurai jamais.
Je me rassois et me prends à imaginer ce que fait cette mouche maintenant. Est-elle allée, enfin libérée, rejoindre ses congénères derrière la haie, au dessus du troupeau de brebis?...
| Imprimer | Commenter | Articlé publié par François Boussereau le 18 Juin 26 |